Quelle avenue emprunter pour assurer le mieux-être d’un peuple, le mieux-être de toute une nation? La plus connue est celle de l’économie qui suppose la création de la richesse pour la prise en charge de soi, le développement de la coopération, le renforcement de la solidarité. Souvent, dans l’économie de marché, l’économie traditionnelle, on s’arrête à la première composante soit la prise en charge de soi.
On a des entrepreneurs ou encore des investisseurs qui s’affairent à faire fructifier leur apport, leur contribution financière en vue de l’amélioration de leurs conditions, de leurs situations économiques, de leurs situations sociales tout en créant des emplois et par conséquent de la richesse, le développement de leur pays. En Haïti, il existe aussi de tels entrepreneurs mais, le hic c’est qu’ils créent un petit nombre d’emplois permettant l’embauche d’une infime partie de la population. S’ils sont de bons citoyens corporatifs, ils retournent à la société une partie des profits engrangés. Ils ne contribuent pas à l’avancement du pays comme ce devrait être le cas.
Ce modèle économique a son corollaire, sa réplique dans l’économie informelle. Par contre, celle-ci contribue à la création de centaine de milliers d’auto-emplois. En effet, les sections rurales, villages et villes d’Haïti pullulent de travailleurs indépendants. Leur imagination est débordante. Ils vendent tout ou presque. Toutefois, l’éparpillement de cette force économique, son faible niveau d’organisation, sa croissance grandissante et l’absence de démarcation entre le travail et le capital suscitent beaucoup de débats chez les économistes. Les femmes forment la grande majorité de ce secteur. Pilier de la famille, c’est sur leurs épaules que repose le bien-être de tous les membres de ce noyau social.
Ces deux modèles, en opération depuis des lustres, n’ont pas donné les résultats escomptés. Pour sortir de cette crise sociale et économique, bon nombre de pays ont emprunté le chemin de l’économie sociale et solidaire. Haïti, à l’instar de ces pays, peut se lancer sur cette voie car c’est la réplique économique du modèle de solidarité de proximité, dont la forme la plus répandue est le konbit. La coopérative c’est l’une des formes d’entreprise d’économie sociale et solidaire.
À Dame-Marie, outre les konbit, il existait les kòrve, les eskwad, les gwoupman peyizan à travers lesquels, les citoyens et les citoyennes se mettaient en action pour passer à travers un moment difficile, pour réaliser un projet commun ou pour rehausser l’éclat d’une activité. Certes dans le konbit, il n’y a pas de contrepartie financière, en y ajoutant cet élément, on est en plein dans l’économie sociale. En effet, l’économie sociale et solidaire, c’est l’offre d’un service ou d’un bien basé sur les principes de solidarité, du bien commun, de la primauté de la personne avec un revenu en contrepartie. L’économie sociale et solidaire c’est la création de la richesse basée sur l’équité, la solidarité, le partage et la durabilité. L’économie sociale et solidaire c’est l’économique au service du social, de la collectivité.
FESMAR croit fermement que ce modèle économique peut mettre en mouvement la population de Dame-Marie et redonner du pouvoir aux femmes, aux hommes pour mener à bien leur destinée et assurer le bien être de leurs progénitures.
C’est dans ce cadre que la Fête du cacao est initiée et organisée annuellement par la Fondation. Elle a pour objectif non seulement d’accompagner les coopérateurs dans leur volonté de produire plus et mieux mais aussi de permettre aux jeunes d’intégrer ce modèle de regroupement et de le mettre en pratique dans leur vie actuelle et future.